JUSTICE reconstitution à paris et folkling
Affaire Lomoro : retour sur les lieux du crime
Le 15 décembre 2006, Raphaël Lomoro était abattu d'une balle par son épouse. Après un an d'instruction, la justice va se rendre aujourd'hui près de Paris sur les lieux de son exécution pour tenter de mieux comprendre le déroulement des événements. Jeudi, acte II, une reconstitution sera organisée à Folkling, dans la maison du disparu.
L'enquête autour de l'assassinat de Raphaël Lomoro reprend de la vigueur en cette dernière semaine de novembre. Coup sur coup, deux reconstitutions ont été ordonnées par le magistrat instructeur en charge de l'affaire, l'une sur une aire d'autoroute près de Paris, aujourd'hui, l'autre à Folkling, jeudi, dans la maison familiale. Ces transports de justice successifs visent à apporter un nouvel éclairage sur les circonstances de la disparition de l'ancien mineur du Bassin houiller reconverti dans la culture de la vanille à Madagascar. Ils sont aussi destinés à mesurer la véracité des déclarations de Simone G. (Lomoro), épouse et meurtrière présumée de son mari, qui n'ont pas varié d'un iota depuis ses aveux en novembre 2007.
Dans ses confessions, Simone G. s'en est toujours tenue à une seule et unique version. Le 15 décembre 2006, elle se rend à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle avec sa fille de 17 ans pour accueillir son époux Raphaël. De retour de l' île malgache pour les fêtes de Noël, ce dernier est épuisé par le trajet en avion. A peine installé à l'arrière de la voiture qui le ramène chez lui, à Folkling, il s'assoupit. Un peu plus tard, alors que la famille roule vers l'Est, Simone G. bifurque sur une aire de repos. Là, elle stationne son véhicule à l'abri des regards, se saisit d'une arme de poing et tire sur son mari endormi. Des mois après, lors de son audition, sa fille décrira une scène «surréaliste ». En attendant, l'une et l'autre nettoient sommairement l'habitacle de la voiture souillé par le sang puis elles repartent vers Folkling après avoir jeté une couverture sur le cadavre.
11 mois plus tard
A leur arrivée au domicile familial, Simone G. demande à sa fille d'aller s'occuper de ses frères et s½urs tandis qu'elle monte la voiture dans le jardin, extrait le corps et le traîne au sol avant de le recouvrir de ses effets et de palettes. Elle embrase le monticule et nourrit le feu pendant trois jours. Une fois le cadavre entièrement calciné, les cendres sont ratissées et jetées dans un sac-poubelle. L'été suivant, Simone G. plante du gazon sur la terre brûlée.
Il faudra près de cinq mois d'enquête pour que l'histoire se révèle enfin au grand jour. Le 14 novembre 2007, Simone G. passe aux aveux et justifie son geste. Son mobile : la double vie de son époux qui a refondé une famille à Madagascar et la tyrannise.
«Elle soutient toujours cette thèse », affirme Me Dominique R., défenseur de Simone G., qui n'attend rien de particulier de la reconstitution d'aujourd'hui si ce n'est de «lever les derniers doutes pouvant subsister sur la manière dont elle a fait feu ». En revanche, le rendez-vous de jeudi à Folkling pourrait permettre de lever des zones d'ombre sur la suite des événements et de répondre à quelques questions : «Comment la voiture a été lavée ? Comment s'est-elle débarrassée du sac-poubelle, de l'arme... ? » Du côté de la partie adverse, les frères et s½urs de Raphaël Lomoro représentés par Me Gilbert Collard, il s'agira d'en savoir un peu plus sur l'implication de la fille de Simone G. : «Cette reconstitution va peut-être préciser la distribution des rôles. Il faut arriver devant les jurés sans échappatoire. » Retour sur place.
Thierry FEDRIGO.
Publié le 25/11/2008