Dernière reconstitution de la semaine, hier à Folkling, dans l'affaire Lomoro. L'épouse meurtrière de Raphaël Lomoro et sa fille ont reproduit les gestes qu'elles avaient accomplis le 15 décembre 2006, spontanément et sans hésitation.
De 14 h à 18 h, hier, les frères et sours de Raphaël Lomoro ont longuement patienté dans l'air glacial, se remémorant le souvenir de la victime, sa disparition brutale. Le dernier retour dans la maison familiale de Folkling, comme ce fut le cas, en ce 27 novembre, de Simone Glapa. Transport de justice rue des Prés pour une ultime reconstitution.
Après celle de mardi, il s'agissait cette fois pour le juge d'instruction et les avocats de suivre le terme de cette journée du 15 décembre 2006. En cette fin de matinée d'hiver, Raphaël Lomoro a été exécuté par sa femme Simone, sous les yeux de sa fille, alors âgée de 17 ans. Dans sa voiture, sur une aire d'autoroute près de Paris, une balle lui a transpercé le crâne. L'ancien mineur revenait de Madagascar. Il ne reverra pas la Lorraine.
A-t-elle agi seule ?
Son ouvre achevée, Simone Glapa reprendra la route de l'Est. Que s'est-il passé ensuite ? Elle a reproduit minutieusement, hier après-midi, les gestes qu'elle a accompli en arrivant à Folkling. Chacun a voulu contrôler, entre autres, si une femme décrite comme frêle pouvait décharger une masse inerte de 80 kg. Simone Glapa s'est expliquée, spontanément, sans retenue, corroborant ses confidences aux enquêteurs.
A la nuit tombée, elle a conduit sa voiture dans le jardin, l'a placée perpendiculairement à la pente, de manière à faire glisser le corps de son époux sur le sol. Hier, elle a peiné à extraire un mannequin de 80 kg de l'habitacle, mais y est parvenue, levant le doute sur sa seule implication à ce stade. Car la partie civile continue à douter qu'elle ait pu agir sans complicité, malgré ses aveux, malgré les investigations vaines des gendarmes. Selon Me Martial Gagneux, qui défend les intérêts de la fratrie Lomoro, le soupçon plane : «Aux yeux des parties civiles, la reconstitution semble confirmer l'impossibilité qu'elle ait agi sans aide.»
Si Simone Glapa a bel et bien pu faire disparaître seule son époux dans les flammes, une incertitude demeurerait, en effet, sur sa capacité à le tuer elle-même. Mise en présence de deux armes à feu, celle-ci aurait, semble-t-il, révélé ne pas savoir manipuler une arme. Une déclaration qui ne prouve rien, selon Me Dominique Rondu. Pour lui, sa cliente, sans être une experte du maniement d'armes, a très bien su appuyer sur la détente.
Sans aucune preuve matérielle et sur la seule foi des aveux de Simone Glapa, la justice va maintenant devoir se forger une opinion. Prochain acte de procédure, une commission rogatoire internationale va être délivrée pour vérifier si, tel qu'il a été prétendu par Simone Glapa pour justifier en partie son geste, Raphaël Lomoro s'était bien construit une deuxième famille à Madagascar.
Thierry FEDRIGO. Publié le 28/11/2008




